Le «scandale Epstein» et ses conséquences socio-psychologiques
Une enquête judiciaire s'impose d’urgence
par Robert Seidel*
(13 mars 2026) Fin janvier, une partie des dossiers Epstein (plusieurs millions de documents, 180 000 photos et 2000 vidéos) a été rendue publique.1 L'«affaire Epstein» donne un aperçu d'une partie des rouages du pouvoir international qui agit en dehors des gouvernements, de l'ONU, de l'OMS ou du WEF, en dehors du droit et de la loi. Une enquête approfondie et un examen juridique sont nécessaires.
Situation initiale – le réseau
Sur une île privée des Caraïbes desservie par avion, des mineurs ont été régulièrement abusés pendant des années par des personnes influentes. Des perversions sexuelles et des rites sataniques, allant jusqu'au meurtre de bébés, semblent y avoir été pratiqués.2 Les personnes qui s'y trouvaient étaient filmées en secret et, le cas échéant, victimes de chantage.
L'hôte, Jeffrey Epstein, invitait ou était sollicité pour recevoir des visiteurs. On sait désormais que des dirigeants et des personnalités du monde politique, de la noblesse, de l'économie, des sciences et de la culture s'y sont rendus pendant des décennies. Cela s'est en partie produit même après que l'hôte ait été officiellement poursuivi en 2008 pour abus sexuels sur mineurs. Il est frappant de constater que ce n'est qu'en 2019 qu'il a été arrêté et que sa mort soudaine est survenue.
Epstein semble s'être considéré comme une sorte de «surhomme». Il considérait les autres, en particulier les femmes, les mineurs, les bébés, les «gens simples» et les personnes d'autres confessions, comme inférieurs.3 Ses excès sexuels, vraisemblablement aussi sataniques,4 indiquent une personnalité globalement perverse et malade. Son mode de vie était conçu pour ne pas reconnaître les lois le concernaient personnellement.
Les documents publiés jusqu'à présent ont révélé qu'Epstein, doté de moyens financiers très importants, exerçait une influence politique et économique à grande échelle grâce à un réseau mondial. Il était considéré comme un organisateur, un intermédiaire et une plaque tournante pour les contacts et les affaires. Cela allait bien au-delà de l'organisation de son «entreprise insulaire» criminelle.5
Conséquences socio-psychologiques
D'un point de vue socio-psychologique, les conséquences des «dossiers Epstein» sont dramatiques: des personnalités politiques, économiques et culturelles jusqu'alors considérées comme intègres – et pas seulement dans les différents pays d'Amérique du Nord et d'Europe – se retrouvent soudainement en contact avec un réseau criminel et pervers. Il s'avère que nombre de ces personnalités ont «divulgué» d'importants secrets d'Etat et, de plus, n'ont pas suivi leur conscience lors de décisions importantes.
La confiance de la population dans les personnalités dirigeantes et les institutions étatiques a été gravement compromise.
Les perversions criminelles, la pédophilie ou la prostitution forcée, mais aussi les actes sadiques, le chantage et les enlèvements sont restés jusqu'à présent largement impunis. Pire encore: de nombreux témoins ou victimes de violences sexuelles qui se sont défendus ont disparu ou ont été victimes d' «accidents» tragiques. Cet état d'absence de droits semble être accepté dans de nombreux Etats.
Ainsi, un sentiment d'impuissance et d'absence de protection se répand, car les institutions étatiques compétentes (telles que la justice ou la police) ne protègent plus leurs habitants contre la violence et la perversion des puissants: les comportements pervers et criminels restent trop souvent impunis. Cela signifie que l'Etat ne remplit plus une de ses missions fondamentales: protéger la vie de ses citoyens.
«Bilan» actuel
En 2008, Epstein a été accusé et condamné pour abus sexuels sur mineurs. En juillet 2019, il a été arrêté pour prostitution forcée et traite d'êtres humains. En août 2019, il a été retrouvé mort dans sa cellule.6 Ce n'est qu'en novembre 2025, puis en janvier 2026, que certaines parties du dossier ont été «rendues publiques». De nombreux noms ont été caviardés.7 (Il est frappant de constater que la publication de fin janvier n'a mis sous pression que des politiciens «européens».8 Les données qui traitent des liens entre Epstein et l'élite américaine ou ses contacts israéliens sont remarquablement rares.)
Qui d'autre est victime de chantage?
Seule une partie des documents a été rendue publique. Parmi les 300 giga-octets de données et autres fichiers multimédias, il existe encore de nombreux liens «non révélés» («fichiers fantômes»). Certains d'entre eux sont encore entre les mains des commanditaires initiaux et, depuis 2019, également entre les mains de l'administration américaine (FBI). Il est évident qu'il s'agit de matériel de chantage.
Début février 2026, le ministère américain de la Justice a mis des fichiers non-caviardés à la disposition des membres du Congrès américain, afin qu'ils puissent les consulter, chacun disposant de son propre code d'accès, d'un créneau horaire et d'un ordinateur. Peu après, Pam Bondi, en tant que United States Attorney General, donc ministre de la Justice, a informé les membres du Congrès américain que leurs historiques de recherche avaient été enregistrés pendant leur consultation.9
La députée Nancy Mace a déclaré dans une interview que la liste comprenait tellement de personnes et de réseaux influents qu'il serait très difficile de tous les démasquer, car tout serait mis en œuvre pour empêcher cela.10
Les «hommes de l'ombre»
Qui dirigeait Epstein et comment Epstein est-il devenu «Epstein»? Son «ascension» fulgurante vers le statut de multimillionnaire semble avoir été rendue possible par des mécènes extrêmement riches et influents. Des réseaux influents issus de l'élite financière mondiale ont apparemment joué un rôle déterminant à cet égard.11 Epstein occupait des postes prestigieux (par exemple au sein de la Commission trilatérale et du Council of Foreign Relations).12 Il est impossible de dire qui étaient exactement ses commanditaires. Les dossiers permettent toutefois de cerner l'orientation générale de ses activités:
• Collecte et transmission d'informations sur les grandes transactions financières internationales de toute nature (délit d'initié);
• Réflexions sur les pandémies futures et la vente de vaccins;13
• Soutien à un mode de vie hypersexualisé et frôlant la perversion (mécènes d'art, lingerie spéciale);
• Réduction de la population (sous l'angle eugénique);
• Gouvernement d'une élite à l'échelle mondiale en remplacement de l'ONU.14
Dimension politique
Quel est aujourd'hui le véritable impact des dossiers Epstein? Cela soulève la question de savoir dans quelle mesure les personnes influentes sont encore susceptibles d'être victimes de chantage. Qu'en est-il des «dossiers fantômes», ces documents qui peuvent encore aujourd'hui être utilisés à des fins de chantage? L'analyste Alex Krainer décrit la portée géopolitique explosive de ces «dossiers fantômes» dans son article «Ghost Files Reveal Unreleased Millions and Rising Global Danger».15 Il part du principe que, aujourd'hui encore, de nombreux élus peuvent être influencés de manière décisive, voire soumis à un chantage, dans leurs votes, par exemple lorsqu'il s'agit de prendre des décisions concernant des interventions militaires ou l'achat d'armes.
De nombreuses décisions concernent des contrats publics gigantesques attribués à des entreprises privées (crédits pour l'armement, la reconstruction ou d'autres financements). Les initiés du secteur financier voient en Epstein un gestionnaire d'opérations d'initiés à l'échelle mondiale. Il tirait ses informations de ses nombreux contacts.16 Il était ainsi au courant très tôt de transactions financières importantes dans certains pays, comme la Grande-Bretagne ou l'Union européenne (Peter Mandelson, le prince Andrew). Il a participé à des réflexions sur la planification de la «prévention» des pandémies au niveau mondial, avec leurs besoins en vaccins ou en logistique.17 Il convient de noter qu'il s'agit là de milliards de dollars provenant des recettes fiscales, qui sont ensuite utilisés pour mener des activités illégales.
Poursuites pénales
La protection de la vie et la justice sont des missions fondamentales de l'Etat. Une enquête judiciaire approfondie est impérative. Comme pour tout soupçon initial de crime grave, les autorités d'enquête publiques doivent commencer leur travail.
- Des nourrissons et des enfants en bas âge ont apparemment été tués. D'où venaient-ils?18
- Comment sont-ils arrivés là?19 Qui étaient-ils? Qui les a maltraités ou tués?
- Des mineurs, mais aussi de jeunes adultes ont été abusés. Comment sont-ils tombés entre les mains d'Epstein? Qui s'en est pris à eux? Où sont-ils maintenant?
- Il y a eu du chantage. Qui a été victime de chantage? Qui en a donné l'ordre?
- Il y a manifestement eu des meurtres commandités. Qui en a donné l'ordre?
- ... Des accords illégaux ont été conclus, des crimes ont été dissimulés, des procédures judiciaires ont été influencées, des juges et des policiers ont été corrompus ou menacés, etc. Qui étaient les auteurs et qui étaient les commanditaires?
La déclaration de Donald Trump «L'enquête sera classée» est, pour quelque raison que ce soit, absolument inacceptable.20 Ce faisant, il rompt également sa promesse électorale. Une chose est sûre: il est nécessaire que tous les documents relatifs à Epstein soient rendus publics et que des poursuites pénales soient engagées de manière systématique, et non seulement par les autorités américaines.
«Le poisson pourrit par la tête» ou «Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark»
La corruption, la vénalité et l'abus de pouvoir existent dans presque toutes les communautés. Lorsqu'ils prennent le dessus, ils détruisent d'abord des existences individuelles, puis l'ensemble de la communauté. L'objectif de toute société reste de minimiser, voire d'éliminer ces influences criminelles. Le respect et l'application des lois sont la base d'un Etat de droit qui fonctionne.
Dans de nombreux pays, les enquêtes policières commencent, notamment à Paris, Londres et Oslo. Mais dans quelle mesure les autorités chargées des enquêtes sont-elles elles-mêmes impliquées dans ce réseau? Qui tire les ficelles?
Une enquête approfondie et énergique ainsi qu'un examen juridique sont et restent nécessaires.
| * Robert Seidel est auteur indépendant pour le «Point de vue Suisse». |
(Traduction «Point de vue Suisse»)
1 Cf. Wikipédia, «Dossiers Epstein», https://de.wikipedia.org/wiki/Epstein-Akten, état au 15 février 2026
Chaque jour, de nouveaux liens et de nouvelles «affaires» issus des dossiers connus à ce jour sont rendus publics.
2 Concernant les bébés, cf. https://vigilantcitizen.com/vigilantreport/the-coded-journals-in-the-epstein-files-that-hide-a-teenage-girls-horrific-story/, 6 février 2026
A propos des rites sataniques, cf. AUF 1, «Das System Epstein, Teil 2», https://auf1.tv/stefan-magnet-auf1/das-system-epstein-2-die-wahre-agenda-und-die-drahtzieher-machen-weiter?
cf. Compact der Tag, «Epstein Horror. Was wird verschwiegen?», https://www.youtube.com/watch?v=DVPbHXCaylM, 3 février 2026
3 Cf. à propos des victimes, op. cit. AUF 1, «Das System Epstein, Teil 2», ou à propos de la «supériorité», correspondance électronique avec S. Bannon.
4 Perversion sexuelle, cf. Compact der Tag, «Epstein Horror. Was wird verschwiegen?»
5 cf. Collin McMahon. Die Akte Epstein. Rottenburg, décembre 2025.
6 Officiellement, la cause du décès est «suicide». Au moment crucial, les caméras de surveillance étaient en panne. Cf. Collin McMahon. Die Akte Epstein. Rottenburg, décembre 2025.
7 Les données de vol constituent une source claire d'informations sur les passagers. Elles n'ont pas été publiées à ce jour. Cf. Collin McMahon. Die Akte Epstein. Rottenburg, décembre 2025.
8 Par exemple Borg Brende (N), chef du WEF, Morgan McSweeney (GB) chef de cabinet du gouvernement, Emmanuel Macron (F), Jack Lang (F) ancien ministre de la Culture, Thorbjørn Jagland (N) ancien chef du gouvernement, ancien secrétaire général du Conseil de l'Europe, Mona Juul (N) ambassadrice, Joanna Rubinstein (S) Présidente suédois du UNHCR.
9 Pam Bondi, https://www.nbcnews.com/politics/congress/lawmakers-demand-doj-stop-tracking-lawmakers-epstein-files-searches-rcna258721, 12 février 2026
11 cf. Hopf et Kettner, «Die Elite lacht uns aus…» [L'élite se moque de nous...], https://hopfundkettner.podbean.com/, 12 février 2026
cf. Collin McMahon. Die Akte Epstein. Rottenburg 2025.
cf. Alex Krainer, Iran says «No – Trump’s Strategy Crumbles», https://www.youtube.com/watch?v=15wLmE7_tCo, 5 février 2026, cf. op. cit. AUF 1, «Das System Epstein, Teil 2»
12 cf. Collin McMahon. Le dossier Epstein. Rottenburg 2025. p. 83
cf. Paul Knaggs: https://labourheartlands.com/sir-keir-starmer-the-establishment-candidate-the-labour-leadership-race-and-the-trilateral-commission/
13 Cf. https://uncutnews.ch/bill-gates-beziehung-zu-jeffrey-epstein-viel-intensiver-und-tiefergehend-107-seiten-277-dokumente-die-akten-erschuttern-das-offizielle-gates-
narrativ/
cf. https://uncutnews.ch/im-gleichen-jahr-gates-warnt-vor-globaler-pandemie-und-epstein-taucht-in-seinem-umfeld-auf/
cf. https://uncutnews.ch/neu-veroeffentlichte-epstein-mail-von-2015-pandemie-planung-mit-who-bezug-wirft-neue-fragen-auf/
14 Echanges d'e-mails avec le directeur du WEF, Borg Brende
15 Cf. Alex Krainer, «From Epstein to Iran: Ghost Files Reveal Unreleased Millions and Rising Global Danger», https://www.youtube.com/watch?v=3f8Br4WGRRk, 5 février 2026
16 cf. https://www.kitklarenberg.com/p/jeffrey-epsteins-sinister-shadow, 15 février 2026
17 Cf. note de bas de page 16
18 La Suédoise Joanna Rubinstein, qui était une amie d'Epstein, était également présidente de la «World Childhood Foundation», une organisation qui lutte également contre les abus sexuels. Rubinstein a démissionné immédiatement après la publication des dossiers Epstein. Cf. https://www.svt.se/nyheter/inrikes/svenska-fn-toppen-joanna-rubinstein-lamnar-uppdrag, 7 février 2026
19 Thierry Meyssan. Additif: Les fondations Ruslan Schostak et Olena Zelenska. https://www.voltairenet.org/article223756.html, 23 février 2026
20 Cf. les implications de D. Trump. Collin McMahon. Die Akte Epstein. Rottenburg 2025.